Pourquoi faut-il voter  2xNON  le 13 juin?

Votez 2xNON le 13 juin!

Lettres parues (et non-parues) adressées au Nouvelliste pendant la campagne sur les initiatives phytos extrêmes.

L'abricot de la survie

Par passion et tradition familiale, je suis arboriculteur de montagne sur un domaine d’abricotiers et pruniers (15 ha sur le coteau et 3 en plaine). Ce printemps, j'ai perdu la quasi-totalité de ma récolte du coteau. Après une nuit d’attente et d’angoisse, le froid polaire, la bise noire et la neige sont arrivés à l’aube. Ma lutte désespérée a été vaine.

Cette année, j'aurai très peu de récolte et donc un manque de revenu très conséquent mais je devrai tout de même soigner mes arbres et gagner la vie de ma famille. Ces dernières années, à cause du gel, de la grêle et des attaques de nouveaux ravageurs (psylle, Suzukii, cochenille farineuse...), je n'ai pas eu de récoltes normales. Mon domaine est en sursis.

Par chance, je touche les paiements directs pour les prestations écologiques et l'entretien du territoire. L'abricot est une culture délicate qui ne peut se passer totalement de traitements. Le consommateur suisse est exigeant et la concurrence étrangère rude. Je n’effectue que les traitements indispensables avec une méthode fastidieuse afin d’éviter toute dérive de produit. Le marchand qui prend mes fruits les analyse chaque année et n’a jamais trouvé de résidus de pesticides.

J’ai peur du vote de la population éloignée des réalités concrètes du monde paysan. Les initiants prennent en otage les idéalistes de l’écologie comme les citadins, les consommateurs de bio et ceux soucieux de manger sainement. Ils manipulent leur sensibilité par des arguments émotionnels et fallacieux. Vouloir un environnement sain est légitime mais pas de s’acharner sur les agriculteurs en les accusant de polluer alors que les modes de cultures sont chaque année plus verts.

Pour la survie du monde paysan, la sécurité de notre assiette et notre souveraineté alimentaire: 2xNON le 13 juin.

- K.D., arboriculteur, Fey


Permis de traiter donné aux professionnels responsables

Il faut savoir que les professionnels des métiers verts sont au bénéfice d'un «permis de traiter» obtenu à l'issue d'une formation pointue sur les traitements phytosanitaires et sanctionnée par un examen sélectif. Les agriculteurs sont donc formés et responsables. Leur fibre verte et leur respect de la nature ne sont plus à démontrer car la protection de l’environnement et de la biodiversité fait intégralement partie des prestations écologiques requises.

Les traitements qu'ils appliquent sur leurs cultures et pour la santé de leurs animaux de rente sont indispensables à la qualité et la quantité de leurs productions. Ce sont des opérations ciblées et réfléchies en fonction d'une maladie ou d'un ravageur. Ces traitements biologiques et utilisés en production intégrée permettent aux consommateurs d'acheter des denrées locales saines, sûres et de première qualité.

En Suisse, les normes de production sont extrêmement restrictives, les plus sévères au monde. La liste des substances autorisées a diminué de 80% ces dernières années. La recherche agronomique progresse sans cesse et met à disposition des produits toujours plus doux. En outre, les stations fédérales agricoles élaborent des variétés de plantes, résistantes aux maladies. Des solutions alternatives aux traitements sont testées également (robot de sarclage, etc.)

Actuellement, interdire l’utilisation totale de produits phytosanitaires aux professionnels qui nourrissent la population ou entretiennent le paysage les prive d’un outil de travail indispensable.

Cette mesure irréaliste prônée par les 2 initiatives phytos extrêmes est un non-sens dangereux pour la sécurité et l'indépendance alimentaire de la population. Pour la survie de notre agriculture et le maintien de nos paysages, votons 2xNON.

- B.T., Vex


Les agriculteurs ne sont pas des pollueurs

Les 2 initiatives soumises au vote le 13 juin, par leur formulation trompent la population et par leurs conséquences porteront gravement atteinte au secteur primaire suisse dans son ensemble. (Agriculteurs et transformateurs: c’est-à-dire également tous les métiers de bouche). Ces lois cherchent à faire passer les agriculteurs pour des pollueurs et pour des voleurs de la manne étatique.

Les initiants sont dans un mode de pensée faux et dangereux. Ils sont totalement déconnectés de la réalité de la terre qui les nourrit, alors même qu’ils se disent écolos.

Ces 2 initiatives phytos extrêmes annuleront la plus grande partie des efforts en faveur d'une production respectueuse de l'environnement consentis par les familles paysannes. Ce virage, que j'ai vécu de l'intérieur comme agricultrice de montagne, a été amorcé dans les années nonante déjà et ne cesse de se poursuivre à un rythme soutenu.

Les agriculteurs, par amour de leur métier et de la nature, s’investissent dans des adaptations incessantes et exigeantes pour fournir à chacun des produits de qualité, variés et à des prix accessibles à tous. Leur interdire de traiter leurs cultures et de protéger leurs animaux de rente afin de tous les contraindre à pratiquer l’agriculture biodynamique constitue une aberration sans nom. Priver de payements directs ceux qui n’y parviendront pas équivaut à tuer l'agriculture suisse.

Pour la survie du monde paysan que nous aimons, votons 2xNON à ces initiatives dangereuses.

- I.T., Clèbes


Des pratiques de culture irréalisables à grande échelle

Les auteurs des initiatives dites «sur l'eau potable» et «pour l’interdiction totale des pesticides» cherchent à faire croire à la population qu'il est possible de cultiver pour tout un pays sans traitements sur les cultures. Ceci est un leurre absolu.

La mode de la permaculture qu’idéalise le citadin dans son jardin partagé de banlieue n'est pas réaliste à grande échelle. La permaculture plaît au nouveau campagnard qui se targue de cultiver quelques légumes dans son potager durant ses loisirs. Ces personnes vous diront qu’elles ne traitent pas leurs plantations…. Dans leur contexte, elles ont raison car pour des privés dont c’est le loisir peu importe si la récolte est de temps à autre maigre, malade ou à partager avec des insectes. Même les exploitations biologiques ont besoin d'utiliser des traitements avec des produits naturels que les initiants veulent leur interdire également.

La pratique de la permaculture et les travaux manuels qui la caractérisent n’est pas envisageable pour nourrir toute une population. Elle nécessiterait une main d'œuvre agricole très nombreuse qui manque déjà cruellement dans ce secteur à l’heure actuelle. De plus, les agriculteurs n’auraient pas les moyens de la rémunérer correctement.

À quand des commandos de consommateurs, adeptes de biodynamique en train de désherber bénévolement, durant leur temps libre les champs ou les vignes du pays? C'est une chose positive et essentielle d'acheter et de consommer bio et/ou local. C'en est une autre de participer concrètement, au côté des paysans, à la production de sa propre nourriture dans les conditions que ces lois mensongères et irréalistes imposeraient.

Citadins et campagnards, pour pouvoir continuer à manger local (et/ou bio pour ceux qui le souhaitent) votons 2xNON le 13 juin.

- J.P., paysagiste, Grimisuat


L’auto-approvisionnement en péril

La Suisse importe déjà près de 60% des denrées consommées dans le pays. Les experts prédisent une diminution de plus de 30% de la production locale si les 2 initiatives sont acceptées le 13 juin.

Il est terrifiant d'imaginer dépendre presque totalement de l'étranger pour se nourrir. De surcroît, on sait pertinemment que l'agriculture étrangère, même bio, n’est pas comparable à celle de la Suisse. En effet, notre pays est leader mondial en matière d'écologie de protection des eaux, de l'environnement et du bien-être animal.

Nos autorités ont toujours veillé à garder une marge d’auto-approvisionnement raisonnable en soutenant l'agriculture du pays. Elle le fait par le biais des paiements directs. Les 2 initiatives phytos cherchent à éliminer ce revenu pour une grande partie des paysans car rares seront ceux qui pourront satisfaire à leurs exigences démesurées et irréalistes.

Garantissons notre sécurité et notre indépendance alimentaire. Soutenons notre agriculture et votons 2xNON le 13 juin.

- G.M., arboriculteur, Nendaz


Bio d'ici et d'ailleurs

Le comité d'initiative pour les 2 objets phytos préférerait consacrer l'argent des paiements directs à l'achat de denrées prétendument bio et importées plutôt que de continuer à soutenir la mutation verte de l'agriculture suisse et l’encourager dans sa mission prioritaire de nourrisseur de la population.

Les exigences en production intégrée donnant droit aux payements directs pour des PER (prestations écologiques requises) sont élevées et toujours plus respectueuses de l’environnement. Elles correspondent déjà à un standard supérieur à celui de certains bio étrangers. Le cahier des charges du bio suisse est extrêmement exigeant et de ce fait n’est pas envisageable pour toutes les exploitations et tous les types de cultures.

Les pays alentours sont bien plus souples pour accorder le label «bio» à leurs exploitations agricoles… et on ne parle pas des conditions de production dans des pays plus lointains. Il faut savoir que la production suisse fournit déjà des denrées d’excellente qualité grâce à des conditions toujours plus strictes pour le traitement des cultures.

Faire voyager ces denrées jusque chez nous constitue en soi une grave entorse à la protection de l'environnement (énergie grise). Il est totalement hypocrite et dangereux de faire cultiver nos légumes et fruits sur des terres étrangères et de laisser la responsabilité des conditions de production aux autres. Et d’ailleurs, comment fera-t-on pour contrôler la qualité réelle des produits importés... sachant qu’ils constitueront la grande majorité de ce qui figurera sur nos étals quand notre agriculture affaiblie par une telle loi, sera moribonde ?

Il est essentiel pour la sécurité du pays de conserver un taux d'auto-approvisionnement et de continuer à soutenir notre secteur primaire. Votons 2xNON le 13 juin.

- G.S., paysagiste, Vex


Part de pollutions

Chaque citoyen est en droit de boire une eau propre et de manger des produits bio (s’il le souhaite) et sains. L'initiative sur l'eau potable est cependant trompeuse et excessive.

Les auteurs de ce projet cherchent à faire porter le chapeau aux milieux agricoles pour les pollutions constatées. Ils veulent surtout redistribuer à leur manière les paiements directs durement et légitimement gagnés par les paysans, en contrepartie des prestations écologiques requises et de l'entretien du paysage.

Le monde agricole suisse s’adapte et innove sans cesse pour parvenir à un mode de production toujours plus vert. Une étude demandée par le Conseil Fédéral en 2017, a montré que le Rhône charrie annuellement 65 tonnes de produits ménagers et industriels, 20 to de médicaments, 20 to d'additifs alimentaires artificiels et… 1 to de produits phytosanitaires. A la lecture de ces chiffres, n'y a-t-il pas d'autres secteurs de notre économie auxquels les initiants devraient s'en prendre prioritairement pour améliorer la qualité de l'eau?

Il faut savoir également que le monde agricole n’est pas seul à utiliser des produits phytosanitaires, (littéralement: soignant les plantes) il y a aussi les privés dans leur jardin et les collectivités… par exemple. Les pesticides sont partout!

Cessons donc d'accuser les paysans de tous les maux de la terre qu’ils cultivent. Laissons le monde agricole poursuivre le virage vert amorcé il y a déjà longtemps et travailler au rythme de la nature. Pour permettre cela, votons 2 x NON le 13 juin.

- M.S., Nendaz


Les initiants sont de dangereux rêveurs

Les initiatives phytos, portées par des intellectuels issus du secteur tertiaire jouent avec la sensibilité des citoyens (Ex.: le bébé tatoué aux pesticides de leur affiche). Les initiants, utilisent également le souhait légitime de chacun de manger et boire sainement. En effet, personne n’a envie, si on le lui dit comme ça, d’avoir des pesticides dans son assiette et une eau polluée à boire.

Cette manoeuvre cache le vrai objectif de ces lois qui est de récupérer une grande partie des paiements directs dus aux agriculteurs. Ces élus, verts et extrémistes cherchent à faire également croire aux paysans que l'obligation de tous passer au bio est une chance. Présenter comme exemple de la paysannerie de demain un agriculteur biodynamique prouve bien que ces politiciens sont de dangereux rêveurs. L’agriculture pratiquée par ce sympathique paysan très bio fait partie d’un type de paysannerie de niche dont les méthodes ne sont pas adaptées à tous. Il produit des denrées spécifiques pour une élite idéaliste. Il ne pratique pas le même métier qu’un céréalier, un arboriculteur un maraîcher ou un producteur de lait. Le monde paysan inclut plusieurs secteurs, ayant des missions et des contraintes variées.

Le résultat de ces votations extrêmes sera d'affaiblir dramatiquement le secteur primaire dans son ensemble et d'annuler, avec ceux qui survivront à ce séisme, le virage vert et les efforts consentis par tous les exploitants agricoles depuis de nombreuses années.

La cohésion de la Suisse réside dans le respect des particularités de chaque activité et le juste équilibre des forces entre le secteur primaire qui nous nourrit, l’artisanat et l'industrie et le secteur tertiaire.

Ne soyons pas dupes, votons 2xNON le 13 juin.

- C.S., ancienne agricultrice de montagne, Vex


Terroir local & égoïsme

Les consommateurs nantis et gâtés que nous sommes en Suisse seront-ils prêts à manger des produits importés, présentés comme bio mais qu’il sera impossible de tracer et de contrôler comme tel, dès le 13 juin? A savoir: l’homologation des produits phytosanitaires est nettement plus restrictive en Suisse que dans les pays voisins. Ceux-ci utilisent encore des traitements dont on retrouvera inévitablement des résidus dans nos assiettes…C’est précisément ce que l’on cherche à éviter.

Les consommateurs seront-ils prêts à voir les étals des marchés locaux vides ou à se passer de leurs produits régionaux préférés ? Veulent-ils laisser disparaître de leur table les goûts et terroirs de nos campagnes?

La Suisse, pays le plus riche du monde, sera-t-elle prête à affronter des difficultés d’approvisionnement dès lors que les exploitants locaux auront mis la clé sous le paillasson, à force de brimades et d'interdits irréalistes?
Est-on sûr que les autres pays, souverains eux aussi, voudront bien produire pour nous, même à des prix élevés, plutôt que de donner la priorité à leurs ressortissants, alors que les terres arables manqueront aussi chez eux ?
Le monde paysan est composé de professionnels responsables et conscients des enjeux écologiques. Il est crucial de les soutenir dans leur mission d’approvisionnement du pays.

L’enjeu de ces votations est vital pour ce secteur indispensable.

Pour conserver notre cohésion et sauvegarder notre l'indépendance alimentaire, votons 2xNON le 13 juin à ces initiatives qui nous prennent pour des pommes.

- G.B., Aproz


Emploi

Durant la crise sanitaire la population suisse a eu la chance de pouvoir manger local et de s'approvisionner à la ferme, chez son boucher, son boulanger et chez son fromager de proximité. Les circuits courts et les produits frais et sains ont eu le vent en poupe et ont boosté la production. Une reconnaissance méritée pour notre secteur primaire et les artisans de l'alimentation!

Ne mettons pas gravement en péril la survie des familles paysannes et des transformateurs de leurs produits. Ces 2 initiatives phytos mensongères ne changeront par ailleurs pas de manière significative la qualité de l'eau et ne réduiront pas les résidus dans notre alimentation… bien au contraire. La Suisse importe déjà 60 pour 100 de sa nourriture. N’augmentons pas cette proportion pour des produits peu sûrs de l'étranger. Ne prétéritons pas notre agriculture et nos artisans de l’alimentaire!

On réalise mal l’impact de ces lois. Beaucoup d’agriculteurs et de ceux qui transforment leurs productions perdraient leur gagne-pain. Dans leur cas, il s’agit souvent d’un métier, mais aussi d’un mode de vie passionné ainsi que d’une occupation du territoire rural. On imagine mal comment réinsérer ces chômeurs d’un type particulier dans les autres secteurs de l’économie. En outre, qui s’occuperait de l’entretien du paysage?

Votons 2xNON pour soutenir nos paysans et garantir ainsi la qualité et la quantité des produits locaux, à un prix abordable pour tous.

- V.B., Vex


Le juste prix

Le citoyen réaliste aura compris que les deux initiatives phyto extrêmes ont pour but de démanteler et de déréglementer le secteur agricole suisse. Réserver les paiements directs aux rares paysans bio dynamiques pousse les autres à la faillite ou à produire hors cadre dans des conditions opposées à celles souhaitées. Pour l’immense majorité d’entre eux, la vente de leurs produits à la ferme ou aux grands distributeurs ne constitue pas un revenu qui permette aux familles paysannes de se passer des paiements directs. Ceci n'est vraiment pas normal.

Je profite de ces quelques lignes pour demander aux grands distributeurs de payer décemment aux paysans le fruit de leur travail et de faire l’effort de prendre en charge la majorité de ce qui est produit et pas seulement le premier choix.

Le citoyen lambda, non connecté au monde agricole, ignore que les paysans suisses sont contrôlés sur toutes les étapes de leurs travaux pour justifier l’octroi des subventions fédérales auxquelles ils peuvent prétendre. Plan de fumure équilibré, contrôles vétérinaires, contrôle des produits et des exploitations, déclarations de parcelles et de l’effectif du bétail, de la qualité du lait, des sortes de fleurs dans leurs pâtures etc.: les contraintes et interventions de la bureaucratie étatique sur les agriculteurs est sérieuse et prend une part importante de leur temps. La traçabilité des produits et la manière de les produire n’a pas d’égal dans d’autres pays. C’est le prix de notre sécurité alimentaire et les paysans s’y conforment.

On peut vraiment douter que les organes suisses de contrôles des denrées alimentaires aient cette même traçabilité sur les produits alimentaires importés.

Pour que ceux qui nous nourrissent puissent continuer à vivre et à travailler pour nous, votons 2xNON.

- P.K., Nax


Evincer les paiements directs

Ceux qui ne rêvent pas comprendront que les auteurs des initiatives dites «anti pesticides» et «pour une eau propre», veulent surtout verser des paiements directs a beaucoup moins de paysans, en imposant au monde agricole et à ses transformateurs des conditions de travail irréalistes, sous prétexte de forcer ce secteur à devenir encore plus vert.

Les paiements directs rémunèrent des prestations écologiques et l'entretien du territoire. Ils constituent une part indispensable du revenu agricole. L'autre part du salaire paysan provient de la vente de leurs produits. Pour permettre aux agriculteurs une meilleure rémunération de leur travail, il faudrait déjà que les distributeurs payent correctement les produits et diminuent leurs marges au profit du producteur. Il faut savoir par exemple qu’un arboriculteur qui vend des abricots premier choix à 3.60/kg ne retire que 56 ct/kg de bénéfice net (dont 9 ct/kg de paiements directs). Ces mêmes fruits sont vendus 7 à 8.-/kg en grandes surfaces. C’est un véritable scandale et on comprendra alors qu’une exploitation agricole n'est pas viable sans payements directs.

Imposer aux paysans de produire sans produits phytosanitaires de synthèse ou même naturels ainsi que de nourrir leur bétail avec des aliments produits uniquement sur l’exploitation équivaut à mettre une majorité d’entre eux hors la loi et surtout sur la paille ou au chômage… puisque le vrai motif de ces initiatives est de les exclure des payements directs s’ils ne parviennent pas remplir les conditions infernales pour y avoir droit. Il faut bien réaliser que les salaires agricoles sont nettement inférieurs à ceux des secteurs secondaire et tertiaire.

Pour apporter notre contribution et notre soutien concret au monde agricole, votons 2xNON.

- S.S., Les Mayens-de-Sion


Le manger-local en temps de crise

Durant la crise sanitaire, les Suisses ont redécouvert leur pays. Comprenez: les citadins ont encore plus souvent et plus massivement utilisé les campagnes et les montagnes comme terrain de loisirs et de ressourcement.

La population a réappris à manger local. Elle a fait ses courses directement chez le producteur et les commerces de proximité. Elle a goûté et apprécié les beaux produits de son terroir. Espérons que ce rapprochement ville-campagne et consommateurs-producteurs ait contribué à diminuer le fossé qui les sépare souvent. Cette période étrange a sûrement permis des échanges, de l’entraide et de la compréhension mutuelle.

Cette crise a aussi mis en lumière la qualité du travail de nos agriculteurs et de ceux qui transforment leurs produits. Elle a surtout montré à tous l’importance de l’autonomie alimentaire et quels métiers et activités sont essentiels à un pays. C’est pour une bonne raison que l’on parle de «secteur primaire» pour désigner ceux qui nous nourrissent.

Le citadin voudra sauver son espace de détente et le campagnard son lieu de vie. Ils doivent être solidaires pour que le paysan puisse continuer à l’entretenir. Le consommateur bio ou non souhaitera conserver sa belle assiette du terroir et à un prix accessible.

Par conséquent, ils voteront 2xNON aux initiatives phytos trompeuses et extrêmes le 13 juin.

- F.M., arboricultrice, Baar


Deux lois pour les dupes

Il y a un siècle, la majorité de la population était agricole, vivait en autarcie et pratiquait sans le savoir la permaculture et l'élevage super bio de survie. En ce temps-là, disettes et sous-alimentation étaient monnaie courante car les récoltes n’étaient pas traitées et donc souvent irrégulières et trop maigres pour répondre aux besoins de base des gens.

C'est ce système de production que les initiants voudraient promouvoir, alors qu'il n'y a plus qu'un petit pourcentage de paysans en Suisse pour nourrir toute la population. La grande majorité des habitants de notre pays est improductive sur le plan agricole et citadine de surcroît… Certes, « on pourrait importer ce qui nous manquerait et… en bio » disent les dangereux rêveurs, auteurs des 2 initiatives phytos. Ils parlent de ce bio étranger pas plus sain que les denrées bio ou même de culture intégrée produites chez nous…Ils parlent de ce bio importé qui viendra gravement concurrencer le bio suisse et faire baisser les revenus très modestes de nos paysans, bio en particulier.

Nous mangeons déjà actuellement des fruits et légumes importés traités avec des produits interdits en Suisse. Et comment espère-t-on «tracer» ces denrées? Ces marchandises sont cueillies par des ouvriers payés de 5 à 8.-/h. contre un coût de 20.-/h au patron agriculteur suisse. De plus, elles auront voyagé en camion, avion ou en bateau-cargo. Cette solution au bilan écologique déplorable a été imaginée par des gens déconnectés de la réalité de la terre qui veulent faire croire aux gens que leur assiette sera dès lors exempte de résidus de pesticides. Elle sera surtout moins garnie, moins variée, moins équilibrée et bien plus chère.

Pour éviter ce scénario catastrophe pour les agriculteurs et les consommateurs, votons 2xNON le 13 juin.

- G.D., retraité Agroscope, Fey