Des pratiques de culture irréalisables à grande échelle

Les auteurs des initiatives dites «sur l'eau potable» et «pour l’interdiction totale des pesticides» cherchent à faire croire à la population qu'il est possible de cultiver pour tout un pays sans traitements sur les cultures. Ceci est un leurre absolu.

La mode de la permaculture qu’idéalise le citadin dans son jardin partagé de banlieue n'est pas réaliste à grande échelle. La permaculture plaît au nouveau campagnard qui se targue de cultiver quelques légumes dans son potager durant ses loisirs. Ces personnes vous diront qu’elles ne traitent pas leurs plantations…. Dans leur contexte, elles ont raison car pour des privés dont c’est le loisir peu importe si la récolte est de temps à autre maigre, malade ou à partager avec des insectes. Même les exploitations biologiques ont besoin d'utiliser des traitements avec des produits naturels que les initiants veulent leur interdire également.

La pratique de la permaculture et les travaux manuels qui la caractérisent n’est pas envisageable pour nourrir toute une population. Elle nécessiterait une main d'œuvre agricole très nombreuse qui manque déjà cruellement dans ce secteur à l’heure actuelle. De plus, les agriculteurs n’auraient pas les moyens de la rémunérer correctement.

À quand des commandos de consommateurs, adeptes de biodynamique en train de désherber bénévolement, durant leur temps libre les champs ou les vignes du pays? C'est une chose positive et essentielle d'acheter et de consommer bio et/ou local. C'en est une autre de participer concrètement, au côté des paysans, à la production de sa propre nourriture dans les conditions que ces lois mensongères et irréalistes imposeraient.

Citadins et campagnards, pour pouvoir continuer à manger local (et/ou bio pour ceux qui le souhaitent) votons 2xNON le 13 juin.

- J.P., paysagiste, Grimisuat